Habiter son corps : quand les blessures d’enfance demandent encore à être reconnues
- Ginette Savoie
- il y a 6 jours
- 4 min de lecture

Habiter son corps ne va pas de soi car ces blessures d'enfance suivent avec le temps....
Pour plusieurs adultes, le corps est devenu un lieu de tension, de contrôle, de silence ou de survie plutôt qu’un espace de présence, de douceur et de sécurité.
Bien souvent, cela prend racine dans l’enfance.
Les blessures vécues tôt dans la vie ne disparaissent pas avec le temps. Lorsqu’elles n’ont pas été reconnues, accueillies ou contenues, elles s’imprègnent dans le corps, dans le système nerveux et dans la façon d’être au monde. Ce que l’enfant n’a pas pu exprimer, le corps continue de le porter.
L’enfant s’adapte pour survivre. L’enfant n’a pas le choix de son environnement. Pour préserver le lien, il s’adapte. Ces adaptations sont intelligentes et nécessaires à l’époque, mais elles peuvent devenir, à l’âge adulte, des schémas inconscients qui empêchent d’habiter pleinement son corps et sa vie.
✧ Manque de sécurité émotionnelle
Parent instable, anxieux, absent, surprotecteur ou émotionnellement indisponible.
L’enfant reste en vigilance constante. Le système nerveux apprend que se détendre est risqué.
Message intérieur inscrit dans le corps :
« Je dois rester sur mes gardes pour être en sécurité. »
✧ Rejet, critique ou amour conditionnel
Paroles blessantes, comparaisons, attentes élevées, manque de reconnaissance.
L’enfant apprend à se conformer. Il se coupe de certaines parties de lui pour être accepté.
Message intérieur inscrit dans le corps :
« Je ne suis pas assez tel que je suis. »
✧ Manque d’affection, d’écoute ou de présence
Émotions minimisées, non accueillies ou ignorées. L’enfant apprend à ne plus ressentir. Il quitte son corps pour ne plus souffrir.
Message intérieur inscrit dans le corps :
« Ressentir est dangereux. »
✧ Enfant parentifié ou responsabilisé trop tôt
L’enfant devient soutien, pilier ou confident.
Il se déconnecte de ses besoins. Il apprend à porter plus que ce qui lui appartient.
Message intérieur inscrit dans le corps :
« Je dois être fort et ne rien demander. »
Le corps comme mémoire sacrée de toutes ces blessures
Le corps ne fait jamais d’erreur. Il garde la trace de ce qui n’a pas pu être dit, pleuré, exprimé ou soutenu.
Avec le temps, ces mémoires peuvent se manifester par :
tensions chroniques (dos, nuque, mâchoire, bassin)
fatigue profonde ou sensation d’être vidé
douleurs récurrentes sans cause médicale claire
anxiété, agitation ou au contraire engourdissement
difficulté à ressentir du plaisir ou à se déposer dans l’instant
Ce n’est pas le corps qui dysfonctionne. C’est une partie de vous qui demande à être enfin entendue.
Signes que les blessures d’enfance sont encore actives à l’âge adulte
✧ Sur le plan émotionnel
Réactions intenses ou disproportionnées
Peur du rejet, de l’abandon ou de décevoir
Difficulté à se choisir
✧ Sur le plan relationnel
Relations répétitives ou déséquilibrées
Besoin de reconnaissance ou difficulté à recevoir
Frontières floues ou rigidité excessive
✧ Sur le plan corporel
Sensation de ne pas être pleinement incarné
Difficulté à ralentir
Corps constamment tendu ou fatigué
Ces signes ne sont pas des faiblesses. Ce sont des appels à revenir dans le corps avec conscience.
Guérir, c’est réapprendre à habiter son corps
La guérison spirituelle et corporelle ne consiste pas à effacer le passé, mais à offrir aujourd’hui ce qui a manqué autrefois.
✨ Revenir à la conscience
Reconnaître l’enfant que vous avez été
Honorer les stratégies de survie mises en place
✨ Réhabiter le corps en douceur
respiration consciente
présence aux sensations
mouvements lents et respectueux
pratiques énergétiques et somatiques
Le corps a besoin de sécurité avant de pouvoir lâcher.
✨ Accueillir l’enfant intérieur
L’enfant intérieur ne demande pas à être réparé. Il demande à être aimé, vu et soutenu.
✨ Une part de mon propre chemin
Si ce thème me tient autant à cœur, c’est qu’il ne m’est pas seulement théorique.
J’ai moi-même grandi dans un environnement où l’affection et la communication étaient peu présentes. Très jeune, j’ai appris à me taire, à m’adapter, à comprendre sans être comprise.
À cela s’est ajoutée une profonde incompréhension face à mon handicap. Mon vécu intérieur, mes limites et mes besoins n’étaient pas réellement entendus. Alors, comme tant d’enfants, j’ai appris à quitter mon corps pour tenir bon, à me couper de certaines sensations pour continuer d’avancer.
Pendant longtemps, mon corps a porté ce que je n’avais pas pu dire : tensions, fatigue, lutte intérieure, sentiment de ne jamais être tout à fait à ma place.
C’est sur ce chemin — parfois exigeant, souvent transformateur — que j’ai compris une chose essentielle : le corps ne nous trahit jamais. Il attend simplement que nous soyons prêts à l’écouter.
Ce chemin de reconnexion, je l’ai d’abord parcouru pour moi. Aujourd’hui, il est au cœur de mon accompagnement.
En conclusion
Habiter son corps est un chemin spirituel.
C’est oser revenir là où l’on s’est quitté. C’est offrir à l’enfant intérieur un espace sécuritaire pour enfin se déposer.
Lorsque le corps se sent entendu, il n’a plus besoin de crier. Il devient alors possible de vivre incarné, aligné et présent — dans son corps, dans son cœur et dans sa vie.
Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à me consulter. Je vous accompagnerai avec plaisir.
Ginette Savoie
Guide spirituelle





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